[ Validation ] GLEN BUXTON : "... I remain the Rebel" - Part.1

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[ Validation ] GLEN BUXTON : "... I remain the Rebel" - Part.1

Message par Halo Of Flies le Sam 23 Aoû - 12:29

GLEN BUXTON
« … I remain the rebel… »

Extrait d’une lettre de Glen adressée à Michael Bruce et datée du 17 octobre 1997



Par Patrick BRZEZINSKI,
avec la collaboration de Janice Buxton, Jeff Jatras et Serge Nadeau
Photos : Jeff Jatras & Janice Buxton





Le temps file et aussi incroyable que cela ne puisse paraître, cela fera déjà dix ans que Glen Buxton nous a subitement quitté. Foudroyé par une complication de pneumonie, un monument du rock s’est éteint dans sa 50ème année, un 19 Octobre 1997 dans l’hôpital de la ville de Clarion, IO.

Il est grand temps de rendre l’hommage qu’il convient à celui dont la prodigieuse contribution à permis à une bande d’amis de passer, en seulement quelques années, de la bande d’étudiants faisant de la musique pour épater les filles de la Cortez High School de Phoenix, AZ à l’un des plus grands groupes de la scène rock mondiale des années 70’s : Alice Cooper.



LA NAISSANCE D’UN REBELLE

C’est le 10 Novembre 1947 à l’hôpital d’Akron que voit le jour Glen Edward Buxton. Avec ses parents, Jerry et Tom, et son frère aîné Ken, Glen jouit d’une enfance paisible dans cette petite ville tranquille de l’Ohio. Leur milieu modeste leur fait apprécier les moindres bons moments de la vie, la plupart du temps passés en famille. A l’age de quatre ans, à son grand étonnement, ses parents lui annoncent l’arrivée d’un nouveau membre dans la famille, sa sœur Janice. Il passe du statut du petit dernier à celui du grand frère avec une petite soeur dont il doit maintenant prendre soin. Une véritable complicité naîtra par la même occasion entre les deux cadets de la famille Buxton. Glen grandit et son caractère de rebelle se forge peu à peu, lui valant quelques problèmes de discipline à l’école ; mais ceux-ci seront vite pardonnés par ses professeurs car il est avant tout un garçon qui a le cœur sur la main.

Comme tout enfant en quête d’identité, il se cherche des modèles dans le monde des stars. Et il y en a une en particulier qui l’attire plus que les autres : James Dean, le rebelle par excellence, deviendra l’icône du petit Glen. Il incarnait à lui seul le mal-être de la jeunesse de l’époque, fumait des cigarettes, conduisait des bolides, bravait les interdits dictés par la société.
Glen prendra également ses repères dans la musique. A cette époque, le Jazz laisse place à un tout nouveau style, beaucoup plus en adéquation avec sa façon d’être : Le rock’n’roll. Ce nouveau son s’accompagne d’une attitude, repousse les limites du conventionnel, explore des voies musicales où personne ne s’est aventuré auparavant. De surplus, Elvis Presley reconnaît que James Dean figure parmi ses influences. Si le monde du cinéma est inabordable pour un gamin de la campagne, celui de la musique peut, quant à lui, tout à fait l’être. Glen l’a compris : c’est un moyen inespéré pour lui de s’exprimer, de s’extérioriser, de matérialiser ce qu’il ressent intimement grâce à un objet auquel les autres seront réceptif. C’est donc avec une grande envie qu’il demandera une guitare comme cadeau pour son onzième anniversaire. Ses parents seront d’accord à la condition qu’il prenne des leçons de musique.


« Un soir, Glen voulu jouer une chanson pour ma mère. Il s’y risqua et elle lui demanda de quelle chanson il s’agissait. Il lui répondit qu’il s’agissait de Daisy or Bicycle Built For Two, un titre très connu à l’époque, mais ma mère ne l’avait pas reconnu car il jouait complètement faux… » - Janice Buxton



LES ANNEES CORTEZ HIGH

En Février 1961, son père qui travaillait pour Goodyear Aerospace, se voit proposer un choix de mutation : l’Allemagne ou Phoenix, AZ. Toute la famille étant native d’Akron, le déménagement est vécu comme un choc pour la famille et on comprendra facilement que Tom préférera l’Arizona à l’Europe. La famille Buxton prend ainsi ses valises pour les poser provisoirement dans une maison louée dans le cartier de Glendale, attendant la fin de la construction de leur nouveau foyer situé à quelques kilomètres de là. La vie de famille se réorganise et alors que Janice prend des cours de trompette, Glen reprend des cours de guitare.
En 1963, ses parents l’inscrivent à la Cortez High School de Phoenix. Glen se métamorphose en adolescent. il adopte une nouvelle coupe de cheveux, celle qu’avait James Dean, et se découvre un nouveau centre d’intérêt : les filles... Pour convoiter les plus beaux spécimens du sexe opposé, il rejoint l’équipe du journal de l’école, le Tip Sheet, en tant que photographe, un bon moyen d’aborder les filles avec le prétexte évident et flatteur que de les mettre à la une d’une rubrique. C’est au sein de ce groupe de journalistes en herbe que Glen fera la connaissance de Vince Furnier, rédacteur plus connu sous le pseudonyme de « Muscles McNasal » dans les colonnes du journal et de Dennis Dunaway. Ces derniers, passionnés d’art, se sont rencontrés alors qu’ils fréquentaient tous deux l’équipe de coureurs de fond de l’école.



«En réalité, nous avions un guitariste, un qui jouait vraiment lorsque nous, nous faisions semblant. Ce gamin s’appelait Glen Buxton et avait le meilleur look du délinquant juvénile de toute l’école. Nous travaillions ensemble au journal de l’école, le Cortez Tip Sheet. Glen était le photographe et j’avais ma propre rubrique appelée « Get Out Of My Hair », que j’écrivais sous la plume de Musles McNazal. Donc, j’appris que Glen et un autre gosse qui s’appelait John Tatum faisaient partie de groupe de surf. Ces deux gars n’étaient pas des athlètes – ils fumaient et se bagarraient. Mais ils savaient également jouer de la guitare. Nous leur avons fait part de notre intention de les faire jouer en arrière scène au Variety Show » - Alice Cooper



DES EARWIGS A l'ALICE COOPER GROUP

C’est à cette même époque de l’Amérique voit arriver la vague déferlante des nouveaux groupes Anglais, tout d’abord avec les Beatles, puis avec les Rolling Stone et les Yardbirds. Tous fascinés par ce style venu d’outre Atlantique, Dennis convint Vince de se mettre tous deux à la musique pour concourir au Talent Show annuel du club des écrivains de l’école au cours duquel ils se déguiseraient et joueraient des morceaux à la Beatles. Un moyen de plus pour devenir le centre d’intérêt de la jante féminine friande de cette musique.
Ils proposent alors à Glen et John Tatum, les seuls sachant jouer d’un instrument, de les accompagner dans l’aventure et enrôlent John Speer, un acolyte des pistes de stade. Chacun trouve sa place et s’octroie un instrument : Glen et John Tatum aux guitares, bien évidemment, John Speer se porte volontaire pour la batterie, ne reste donc que la basse pour Dennis, Vince se voyant plutôt dans le rôle du chanteur. Avec la précieuse aide de Glen, ils répètent et apprennent quelques morceaux des Beatles pour l’occasion. Reste à trouver un nom pour la formation, un nom d’insecte pour le clin d’œil aux Beatles, un insecte pas très sympathique,… Ainsi sont nés les Earwigs (les perce-oreilles) qui, à l’image de leurs interprétations, rendent fou ceux qui les laissent pénétrer dans leurs oreilles.




« Glen m’accompagna chez Montgomery Ward et nous en sommes repartis avec cette basse qui s’appelait « Airline bass ». J’allais souvent chez Glen et nous recherchions les notes de nos chansons favorites. Dans les tous premiers moments, nous écoutions Chet Atkins et Les Paul parce qu’ils étaient les idoles de Glen. Le tourne-disques que j’avais à la maison avait un son si horrible que, lorsque que je me mis à apprendre à jouer de la basse, je ne pouvais même pas distinguer les notes. Je ne pouvais pas les distinguer des notes de guitare. Alors j’allais chez Glen et il était celui qui m’apprenait le nom des notes, où elles se trouvaient sur le manche, comment on composait les accords ou encore comment on accordait les guitares, toutes ces choses là. » - Dennis Dunaway


Passant en douzième et dernière position des groupes se produisant ce soir là, ils finissent avec grand étonnement à la seconde place sur le podium ! Cette distinction ne leur est certainement pas donnée pour leur qualité de musiciens amateurs, mais pour celle de leur prestation. Ils deviennent alors les stars de l’école, faisant la une de leur propre journal.


« Nous réalisions que cela devenait sérieux à partir du moment où ils commencèrent à répéter dans notre garage, chaque semaine. C’était le temps où le rock’n’roll envoûtait sans prévenir quiconque voulait jouer de la guitare, en tout cas c’était l’impression que cela donnait. Nous ne nous sommes jamais opposés à ce que Glen ramène ses amis à la maison. Ils étaient toujours les bienvenus. Nous nous sommes toujours intéressés à quoiqu’il fasse. Nous nous fichions qu’ils utilisaient le garage comme lieu de répétitions. Nous étions par contre sensibles au bruit infernal qu’ils faisaient, dans le sens où, les voisins, eux, ne le comprendraient pas. Ils devaient s’arrêter à 9h00 le soir. Nous les autorisions à continuer, à la condition qu’ils se calment. Cela ne durait pas très longtemps et le son montait à chaque fois de plus en plus. Assis dans la maison, vous pouviez savoir que le son montait aux murs qui commençaient à vibrer. Cela nous faisait courir dehors pour dire à chaque fois la même chose : « Baissez un peu ! » » - Tom et Jerry Buxton




Mais je ne vais pas ici vous conter toute la saga qui permit aux jeunes Earwigs de se métamorphoser en Alice Cooper Group, ou encore pour quelles raisons Michael Bruce et Neal Smith rejoignirent le groupe pour remplacer John Speer et John Tatum, comment fut trouvé le nom d’Alice Cooper, etc…, etc…. Faisons plutôt un saut dans le temps pour nous retrouver huit ans plus tard, en 1972.



THE BILLION DOLLAR BABIES

L’Alice Cooper Group compte maintenant quatre albums à leur palmarès. Le titre « I’m Eighteen », dont Glen a composé le riff, les a propulsé sur les radios américaines, néanmoins, il leur manque toujours « LE » morceau qui fera d’eux le symbole de toute une génération et marquera l’histoire du rock à tout jamais.
L’idée est née d’écrire une chanson qui touche tout adolescent; et quoi de mieux que le bonheur d’une cloche qui retentit pour marquer la fin de l’école ? Bien qu’un grand nombre de hits soit né sous la plume de Michael Bruce, cette fois-ci, c’est encore le génie de Glen qui prendra le dessus. Il s’inspire des ricanements poussés par des gamins pour se moquer de quelqu’un ou quelque chose : « Na, Na, Naaaa, Na, Na, Naaaa, Na, Na, Na, Naaaa, Na, Na ». Dès sa sortie, « School’s Out » figure dans le Top 10 des meilleurs hits au USA et se placera en première place en Angleterre. Il deviendra le titre culte du groupe, celui qui de nos jours encore clôture chaque concert d’Alice Cooper.


« Glen a écrit le riff de School’s Out tandis que nous étions à Détroit. Nous nous sommes tous assis en rond et joué avec ces accords. Nous savions que le riff que Glen venait juste de composer était spécial. Ce riff a fait en sorte que tout devienne possible. » - Rockin’ Reggie Vincent




Le groupe est à son apogée, les tournées interminables les emmènent aux quatre coins du monde. Les salles sont combles, les albums se vendent comme des petits pains, les dollars pleuvent, ils surfent sur la vague et tout le monde est à leur pieds : même le célèbre magazine « Forbe » leur consacre sa couverture, les assimilant au modèle du rêve américain. La tournée accompagnant la sortie du monumental Billion Dollar Babies, pressé dans 27 pays, marque le solstice de la renommée du groupe. Avec pas moins de 55 dates en trois mois, le chiffre d’affaire de la tournée frôle les cinq millions de dollars. Leur concert à Sao Paulo devant 158 000 personnes leur vaut l’entrée au Guinness Book of World Records pour le plus grand concert jamais donné en salle.


« La photo promo figurant à l’intérieur de l’album Billion Dollar Babies a été réalisée un matin de très bonne heure à Londre. Après une soirée passée en ville, et moi-même écoutant le bruit de la machine à coudre de Cindy jusqu’à la fin de la nuit le groupe s’est rejoint au studio de David Bailey. Réunir un million de dollars américain en petites coupures était extrêmement difficile. L’argent est arrivé escorté de deux ou trois policiers qui ne portaient même pas d’arme à feu sur eux. En volume, cela représentait beaucoup plus d’argent que nous avions imaginé, donc nous en avons empilé une partie devant nous pour finalement en jeter un peu partout dans la pièce pour donner de l’effet. Lorsque la séance de photos fût terminée, nous étions contraint à attendre pendant que l’argent soit compté. Quelques heures plus tard, les policiers déclarèrent qu’il manquait 20 dollars. Personne n’avoua jusqu’au moment où Glen retira finalement un billet de sa poche de manière à ce que les policiers nous autorisent à rejoindre notre hôtel pour dormir. Plus tard Neal nous a dit qu’il avait vu Glen prendre le billet et tout le monde savait qui l’avait gardé. Il n’avait pas besoin de cet argent, c’était juste Glen. » - Dennis Dunaway


Mais c’est malheureusement souvent avec le succès et l’argent que naissent les polémiques. GB, comme aime à le surnommer affectueusement Rockin’ Reggie Vincent, est le premier à comprendre que l’avenir du groupe lui glisse entre les mains...
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